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Le chien parfait

Souvent, les gens qui ont vécu, ou qui auraient aimé vivre, avec des animaux durant leur enfance souhaitent vivre avec un animal en devenant adulte.

C’est tout à fait légitime et compréhensible. Mais ce n’est jamais l’unique raison. Adopter un chien est un choix très personnel qui n’est pas du tout anodin et en tous cas qui ne doit pas l’être. Si vous écoutez ce podcast, vous ne serez probablement pas concerné mais c’est bientôt Noël et ça serait vraiment cool que le mec supposé être habillé en rouge arrête de mettre des chiots aux pieds des sapins.

POURQUOI PRENDRE UN CHIEN ?

Adopter un chien, c’est un cheminement personnel à part entière, ça se réfléchit et plutôt deux fois qu’une. Dans certains élevages, l’attente avant d’avoir un chiot peut durer plusieurs mois, voire années. Et je trouve que c’est une très bonne chose. Ça doit interroger le pourquoi de vos désirs, vos capacités à en prendre soin et à veiller sur lui, la capacité de votre famille à l’accueillir (car même si c’est le chien de untel, à partir du moment où d’autres personnes vivent avec ce chien, elles en seront impactées). Je ne vous parlerai pas ici des détails de choix d’élevage, de combien ça coute ou de quelle race nous convient le mieux. Car même sans aller jusque-là, je vous invite à véritablement vous questionner sur le « Pourquoi ? ». Pourquoi en avez-vous besoin ? Quel besoin, manque, vient-il combler ? Quelle blessure vient-il réparer ? Que représente-t-il pour vous ? Répondre à ces questions n’est pas si évident que ça n’y parait. Quelques soient les réponses, elles sont personnelles et donc légitimes. Répondre à ces questions et en accepter les réponses peut prendre du temps mais c’est à mon sens nécessaire pour pouvoir faire les choses en conscience, pour être au clair avec soi-même et pour savoir ce qu’on est prêt à investir pour cet être qui, lui, n’a rien demandé.

Je vous invite donc à y réfléchir car c’est aussi (et souvent) dans l’introspection qu’on comprend et apprend beaucoup de chose. Ça peut paraitre inutile, mais en vérité, ça a une réelle importance sur la relation que vous entretiendrez avec lui et ça va déterminer tout le reste : des soucis de comportement que vous pourrez rencontrer à votre investissement dans son éducation en passant par tout ce qui va caractériser votre quotidien avec lui.

Vivre avec un chien, c’est démarrer une relation avec un autre être que soi, qui de surcroit, sera dépendant de vous. Et au même titre que toute relation, il y aura des hauts et des bas, des ajustements, des grands moments de bonheur, des remises en question, des doutes, des progrès. Avoir un chien n’a rien de simple ni d’évident, au même titre qu’avoir un enfant, à cela près qu’en plus vous ne parlez pas le même langage et ne percevez pas le monde de la même façon. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est fortement recommandé de faire appel à un éducateur comportementaliste canin, bienveillant et à jour de ses connaissances, pour bien démarrer. Travailler en renforcement positif ne suffit pas et j’aurai l’occasion de vous en reparler. Comprendre un chien, ses besoins, prendre du recul sur votre relation, ça ne s’improvise pas et des professionnels passionnés sont là pour ça.

C’est pour ça que j’ai choisi de faire ce métier, de prendre le temps de me former continuellement, de continuer ce podcast. Parce qu’on n’est jamais trop aidé en la matière et que toute réflexion, retour d’expérience, bon conseil, est bon à prendre.

POURQUOI MON CHIEN N’EST PAS PARFAIT ?

Alors ça y est, ça fait des mois que vous l’attendez, que vous vous y préparez et c’est le grand jour : Rouky va enfin arriver à la maison. Vous en avez rêvé, vous avez imaginé 1000 scénarios différents sur son arrivé, vous avez tout acheté, tout installé, tout lu, tout écouté (ou presque). Et puis voilà, il débarque. L’excitation s’apaise et rapidement vous êtes propulsé dans la réalité : Roucky ne vous connais pas et vous ne connaissez pas Roucky.

On a beau vouloir tout anticiper, il est un individu à part entière, et fonctionnera selon ses besoins, sa perception du monde et selon qui vous êtes pour lui. Un chiot de 2 mois et demi est un bébé qui ne connait pas grand-chose du monde, et encore moins du monde humain : il ne sait pas où sont passés ses premiers repères, il ne comprend pas trop ce que vous lui voulez, ni pourquoi plusieurs géants lui accordent autant d’attention, pourquoi vous avez l’air si gentil et d’un coup pourquoi vous semblez si menaçant.

Du côté de l’adoption d’un chien plus avancé dans l’âge, même combat. C’est un changement immense dans sa vie de chien, il peut en plus avoir vécu ou ressentit des choses pas cool qui influencent son adaptation et son état d’esprit.

Et c’est d’ici que vous allez devoir partir. En réalité, le point de départ dans votre histoire avec votre chien ne commence pas à ce que vous aviez prévu pour lui mais à qui il est aujourd’hui. Et prendre conscience de ça change tout. Votre chien ne sera peut-être pas parfait vis-à-vis ce que vous attendiez, mais il le sera surement vis-à-vis de qui vous êtes vous et lui.

Les premiers mois d’un chien à la maison ne sont pas que des purs moments de joie. C’est même assez déroutant en fait. On se sent vite dépassé par tous ces changements, cette nouvelle organisation, ces questionnements de ce qu’il faut faire ou pas, comment, combien, s’il faut s’inquiéter tout de suite ou attendre un peu, et pourquoi il a l’air de rien écouter du tout ? On ne sait pas vraiment si on l’aime assez ? On met du temps à assimiler que c’est bien notre chien et qu’il est vraiment là. On se sent vite pris d’un sentiment désagréable quand on se rend compte que tout ne se passe pas comme on l’avait imaginé, quand on se rend compte que nos attentes, nos désirs, nos projections ont du mal à coller avec cette nouvelle réalité qu’on avait un peu idéalisée.

De manière générale, on parle de plus en plus de baby blues ou de déprime post-partum liée à l’ouragan de changements qu’amène l’arrivée d’un enfant dans une vie, mais on peut tout à fait parler d’un phénomène similaire concernant les chiens, une sorte de puppy blues ou doggy blues. Et c’est ok. Il n’y a pas à culpabiliser.

J’en entend déjà qui pourront crier à l’anthropomorphisme, mais pour avoir eu un chiot et pour avoir un compagnon très investit qui a eu 2 enfants, ont à souvent rit des similitudes des sentiments qu’on a pu ressentir en tant qu’humain adulte face à tout ça. Considérer son chien comme un enfant peut lourdement poser problème, mais considérer la relation qu’on entretien avec ce chien comme similaire à ce que pourrait vivre un parent dans sa relation avec un enfant ne me pose pas de problème. Dans les deux cas, nous avons la responsabilité d’une vie entre les mains, nous nous devons d’assurer sa santé, sa sécurité, répondre à ses besoins et le guider vers l’autonomie et l’épanouissement personnel.

Alors oui, accueillir un chien dans sa vie, c’est génial, mais ça n’est jamais comme on l’avait imaginé. Ce qui compte, c’est ce qu’on vit maintenant avec lui, ça fait partie intégrante de l’histoire et c’est une vraie leçon de vie, une vraie leçon d’instant présent.

POURQUOI ÉDUQUER SON CHIEN ?

Dans les questions classiques qu’on se pose à l’arrivée d’un chien, il y aussi celle-ci : « comment éduquer son chien ? ». Ok, mais ça veut dire quoi au juste « éduquer un chien » ?

« Éduquer », selon le Larousse, signifie « Former quelqu’un en développant et en épanouissant sa personnalité », « Faire acquérir à quelqu’un les usages de la société » ou encore « Développer une aptitude par des exercices appropriés ». Les trois sens de ce terme sont intéressants tant ils sont complémentaires quand on parle de l’éducation d’un chien.

  • Former quelqu’un en développant et en épanouissant sa personnalité: on retrouve ici toute la dimension développement personnel de l’éducation dites positive et bienveillante. Guider le chien de sorte à ce qu’il puisse évoluer et exprimer sa personnalité, ses désirs, son consentement.
  • Faire acquérir à quelqu’un les usages de la société: c’est tout le challenge, comme en parlait très bien Michael de Amikanin dans l’épisode 11, guider le chien à vivre dans notre monde humain, à en adopter les codes et les règles.
  • Développer une aptitude par des exercices appropriés: il s’agit ici des techniques d’apprentissage pour modeler ou modifier un comportement.

A la lecture de cette définition, on se rend donc compte qu’il faut distinguer les moyens de l’objectif. L’éducation canine, telle qu’on l’entend de prime abord, celle à laquelle on réfléchit quand on s’apprête à accueillir un chien, ne concernerai que le moyen, c’est-à-dire comment apprendre le rappel à son chien, comment apprendre la propreté, et comment on fait quand il saute sur les gens ou aboie sur d’autres chien.

J’aime bien prendre, autant que possible, du recul sur les choses que je croise. Et revenir sur le sens des mots permet souvent de le faire. En réalité, ça souligne ici tout le fond du problème. De même que je vous invite à réfléchir sur le pourquoi ce chien dans votre vie, je vous invite à vous interroger sur ce que vous voulez en faire de ce chien, vers quoi voulez-vous le guider. La question du comment est secondaire si le pourquoi n’est pas réfléchit, discuté.

Souvent, quand on fait le point sur les choses à améliorer dans l’éducation de son chien, la liste devient rapidement assez longue. Mais quand on la regarde de plus près, et qu’il s’agit de prioriser les choses qu’on souhaiterait travailler, on se rend compte que tout n’est pas primordial. En réalité, il faudrait plutôt s’interroger sur ce qui est réellement important pour nous : le bien être de notre animal et la stabilité de notre relation par exemple. Et c’est souvent là que se situe le véritable objectif au travers duquel la priorisation des choses à travailler va se faire. Par exemple : travailler sur la réactivité d’un chien, le fait qu’il aboie ou puisse se montrer menaçant face à des humains ou d’autres chiens, représente un enjeu majeur pour son bien-être et pourra donc être travaillé en priorité. En revanche, le fait que vous voudriez qu’il s’essuie tout seul les pattes sur une serviette avant de rentrer dans la maison peut paraitre prioritaire du point de vue de la propreté de votre maison, mais pourra, sans entraver le bien-être de quiconque ni votre relation, être traité de manière secondaire.

Il est donc important de remettre en perspective nos attentes réelles quand on se penche sur l’éducation de nos chiens. Et c’est souvent dans cette démarche que l’éducateur comportementaliste canin vous accompagnera.

COMMENT ÉDUQUER SON CHIEN ?

Ce n’est donc qu’après avoir identifié le pourquoi, qu’on pourra se poser la question du quoi, c’est-à-dire la question de la méthode, du type d’éducation. Positif, traditionnel, naturel, coercitif, bienveillant, les termes et méthodes ne manquent pas et je reconnais que c’est un joyeux bordel pour s’y retrouver. J’aurai l’occasion de consacrer un épisode (ou plus peut-être) à ce sujet mais globalement, je pense que vous avez saisit ce que je prône ici.

Enfin, une fois que vous êtes au clair avec tout ça, vous pourrez vous demander comment faire concrètement. C’est à cette étape là qu’il vous sera primordial de comprendre votre chien. Et c’est pour cette raison que je vous invite encore une fois à faire appel à des professionnels qui vous donne de la compétence en la matière. On fait rarement bien les choses quand on ne les comprend pas.

C’est notamment à cette étape que la question de laisser le temps au temps reprend de son importance. Laisser le temps à son chien d’intégrer les changements qu’il vit, les changements physiques qu’il traverse. Les chiens ont une grande capacité de résilience et d’adaptabilité, et par conséquent, sont capables de changer très vite. Et c’est aussi ça qui rend les choses difficiles. Les premiers mois d’un chien à la maison sont toujours pleins de surprises, bonnes ou moins bonnes. De bons comportements peuvent se mettre en place naturellement très vite et des comportements moins attendus peuvent s’installer malgré nos efforts dans les semaines qui suivent. Tout l’enjeux réside donc dans le fait de se faire accompagner, de s’accorder du temps et d’accepter une certaine marge d’erreur. C’est aussi ça la bienveillance.

Il est important de comprendre son chien, notamment pour être en mesure d’accepter qu’il soit plus ou moins capable d’intégrer ce qu’on lui demande. A titre d’exemple, la propreté est un « soucis » que beaucoup de monde voudrait régler le plus rapidement possible et ça se comprend, mais c’est sans forcément savoir que jusqu’à 4 voire 5 mois (en fonction du type de chien), le chiot n’a pas la possibilité physiologique de se retenir de faire ses besoins (le sphincter n’est pas tout à fait formé).

Dans le chao général que peut être l’arrivée d’un chien dans une famille, c’est en communiquant tous ensemble, en s’interrogeant sur ce qui est vraiment important pour nous, qu’on peut ainsi définir des priorités, des principes d’éducation. Fixer des règles ne signifie pas empêcher son chien de bouger, ça doit au contraire permettre de mieux vivre ensemble. Du moment qu’elles sont partagées, comprises et acceptées par tous, elles ne seront non plus une contrainte mais une opportunité de vivre mieux certaines choses tous ensemble.

Parce que oui, éduquer un chien est indéniablement une affaire de famille. Car toutes les personnes qui vivront avec ce chien devront être cohérentes dans leurs actions et indications. Et croyez-moi c’est plus difficile qu’il n’y parait. Vous me voyez venir, je vais prendre l’exemple du canapé pour illustrer ça. Dans beaucoup de foyer, la règle initiale c’est que le chien n’a pas le droit de monter sur le canapé. Mais Roucky n’est pas dupe, il va essayer, une fois, 2 fois, mille fois, il va essayer tout le temps. Le chien est un opportuniste, pas un être diabolique qui veut vous enfumer, il cherche simplement à avoir accès à ce qui lui est le plus agréable : en l’occurrence, un gros truc moelleux qui contient toutes les odeurs des gens qu’il aime. Mais vous avez décidé que non, pour diverses raisons dont beaucoup sont tout à fait entendables (sauf si “c’est pour pas qu’il est l’impression de nous dominer”, là venez en MP faut qu’on discute).

Spoiler alert, ici les enfants et moi avons craqué. En notre présence, Charlie est donc libre de dormir avec nous ou non sur le canapé. Mais Seb, mon compagnon, tient à cette règle et je vous le mets dans le mille, c’est un sujet sensible à la maison. On est donc en phase de négociation forcée dans laquelle je m’engage à nettoyer très régulièrement le canapé contre l’acceptation de Charlie sur celui-ci. Bref, je vous passe les détails. Mais cette histoire est intéressante parce qu’elle est commune à beaucoup d’humains de chien, et parce qu’elle interroge la façon dont on fixe collectivement ou non les règles de vie de la maison. C’est presque une étude du fonctionnement d’une société à taille réduite (toujours plus).

Bref, vous l’aurez compris, accueillir un chien signifie souvent renoncer à nos attentes un peu trop hautes et se reconnecter à l’instant présent, réinterroger le pourquoi du comment, se mettre au clair sur nos véritables objectifs, et apprécier l’ici et maintenant au regard de ces derniers. Et là vous verrez, votre chien il est parfait.

SOMMAIRE

  • 00:10 : Présentation de l’épisode
  • 01:30 : Introduction
  • 02:00 : Pourquoi prendre un chien ?
  • 04:15 : Pourquoi mon chien n’est pas parfait ?
  • 07:05 : Pourquoi éduquer son chien ?
  • 09:55 : Comment éduquer son chien ?
  • 13:44 : Soutenir le podcast

CREDIT

Musique : Dolling – Cybersdf

Identité graphique : Mélanie Giangreco

Bonne écoute !

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